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Inkscape, GIMP et Krita : trois usages, trois fichiers natifs

plusieurs fenetres abstraites en aplats geometriques qui se recouvrent, vue de face

Sur une Debian 13 (trixie), apt install inkscape gimp krita installe Inkscape 1.4-6, GIMP 3.0.4-3+deb13u10 et Krita 1:5.2.9+dfsg-1+deb13u1, alors que les versions publiées en amont sont GIMP 3.2.6 le 10 septembre 2026 et Krita 5.3.4 le 15 septembre 2026. Les trois ne produisent pas le même fichier : Inkscape 1.4 écrit du SVG, GIMP travaille sur des pixels avec des calques non destructifs depuis sa version 3.2, Krita peint au stylet et range ses calques dans une archive ZIP nommée .kra.

Sommaire
  1. Trois usages, trois réponses : logo, photo, illustration au stylet
  2. Vérifier les trois versions avant de comparer
  3. Le piège : Debian 13 livre GIMP 3.0.4, pas la 3.2 des notes de version
  4. Un objet flouté dans Inkscape sort en pixels à 96 dpi dans un PDF
  5. Dans GIMP, Enregistrer écrit un XCF, et la 3.2 exige Rasterize
  6. Un .kra s’ouvre dans un terminal, un .xcf seulement dans GIMP
  7. Convertir un dossier entier en ligne de commande
  8. Questions fréquentes

Le format natif décide du reste. Un SVG s’ouvre dans un navigateur, un XCF seulement dans GIMP, et un .kra se lit avec unzip mais pas dans GIMP.

Trois usages, trois réponses : logo, photo, illustration au stylet

Critère Inkscape 1.4 GIMP 3.2.6 Krita 5.3.4
Usage 1 : logo, icône, plan Référence : document SVG, texte XML redimensionnable sans perte Depuis la 3.2 : calques vectoriels et export SVG ou PDF conservant les vecteurs Calques vectoriels pour les bulles et les cases, pas pour un logo
Usage 2 : retouche photo Hors sujet : ni RAW, ni réduction du bruit, ni 16 bits par canal Référence : GEGL, greffons darktable, RawTherapee et ART Possible, pensé pour la peinture ; Propagate Colors vise les textures de jeu
Usage 3 : illustration au stylet Stylet pour la largeur, l’angle et la force, dont la plume calligraphique Pinceaux MyPaint, 20 ajoutés en 3.2, pression et rotation du barillet Référence : moteurs de pinceaux, assistants de perspective, animation
Format natif SVG ; --export-plain-svg retire sodipodi:, inkscape: et les métadonnées RDF XCF ; la commande Enregistrer n’écrit que ce format .kra, archive ZIP contenant mergedimage.png ; .krz sans cette image
Formats d’échange svg, png, ps, eps, pdf, emf, wmf PNG, TIFF, PSD, PSB, JPEG 2000, SVG et PDF vectoriels PSD avec texte et formes depuis la 5.3, JPEG XL multicouche, HDR RGBE
Espaces de couleur RVB ; export PNG en Gray ou RGB, aucun CMJN RVB ; CMJN simulé, Total Ink Coverage depuis la 3.2 RVB, niveaux de gris, CMJN, LAB, YCbCr, XYZ
Texte Texte SVG ; -T convertit en courbes à l’export Éditeur sur le canevas, contours inner, outer et centered depuis la 3.2 Réécrit en 5.3 : texte enroulé, texte sur chemin, palette de glyphes
Mémoire Document entier en mémoire, objets filtrés rastérisés à l’export Cache de tuiles et dossier temporaire réglés dans les préférences Limite de mémoire réservée au démarrage et fichier d’échange
Ligne de commande inkscape --export-type=png --export-filename=sortie.png entree.svg gimp-console -i --batch, Script-Fu par défaut krita fichier.kra --export --export-filename sortie.png
Version dans Debian 13 1.4-6 3.0.4-3+deb13u10 1:5.2.9+dfsg-1+deb13u1
Version amont au 19 septembre 2026 Branche 1.4 ; Debian testing en 1.4.3 3.2.6, publiée le 10 septembre 2026 5.3.4 et 6.0.4, publiées le 15 septembre 2026
Limite connue Objet filtré rastérisé à 96 dpi dans un PDF Pas de mode CMJN ; Enregistrer refuse tout ce qui n’est pas XCF Aucune autre application n’ouvre un .kra de façon fiable

Pour l’impression, l’espace de couleur tranche seul : Krita accepte un document CMJN, GIMP 3.2 reste en RVB et se contente de simuler le rendu, Inkscape exporte ses bitmaps en Gray ou en RGB. Les images de départ viennent de banques libres de droit, question traitée dans médias libres de droit.

Vérifier les trois versions avant de comparer

  1. Installer les paquets :
    sudo apt install inkscape gimp krita
    

    APT termine par une ligne Setting up inkscape (1.4-6).

  2. Lire la version retenue par l’archive :
    apt policy inkscape gimp krita
    

    La sortie affiche Installed: suivi de 1.4-6, 3.0.4-3+deb13u10 et 1:5.2.9+dfsg-1+deb13u1. Le préfixe 1: de Krita est un numéro d’époque Debian, pas une version du logiciel.

  3. Confronter le numéro du binaire à celui de l’éditeur :
    inkscape --version
    gimp --version
    

    Inkscape affiche sa version et sa date de compilation, GIMP sa version puis se termine.

  4. Voir ce que testing propose sans rien installer :
    apt list --all-versions inkscape gimp krita
    

    gimp 3.2.6-1 est entrée dans testing le 19 septembre 2026, krita 1:6.0.4+dfsg-1 reste dans experimental.

Le piège : Debian 13 livre GIMP 3.0.4, pas la 3.2 des notes de version

GIMP 3.2.0 est parue le 14 mars 2026 et la 3.2.6 le 10 septembre 2026 ; Debian 13 est restée en 3.0.4. Les notes de version de la 3.2 annoncent les Link Layers, qui suivent un fichier externe et se mettent à jour quand il change, les Vector Layers créés avec l’outil Chemin, et l’option Rasterize à activer avant de peindre ou de fusionner un filtre sur ces calques. Aucune de ces fonctions n’existe dans la 3.0.4 d’une Debian 13, ni le Total Ink Coverage du sélecteur CMJN ni l’export PSB.

Krita suit le même écart : la 5.3 réécrit l’outil texte, éditable directement sur le canevas, avec texte enroulé et texte sur chemin, ce que la 5.2.9 de Debian 13 ne connaît pas. Krita 6.0.4, dans experimental, est la compilation Qt6 de la 5.3 : mêmes fonctions, plus la gestion des couleurs sous Wayland, avec un compositeur récent recommandé, KWin 6.4.4 ou plus, et un statut d’accès anticipé, sans version Android.

Inkscape 1.4 est sortie le 13 octobre 2024, avec la galerie de filtres, l’import des fichiers Affinity Designer et les liens internes dans les PDF. Les notes de version 1.4.4 sont publiées sur inkscape.org, sans date de publication vérifiable sur une source officielle ; Debian testing s’arrête à 1.4.3.

Un objet flouté dans Inkscape sort en pixels à 96 dpi dans un PDF

La page de manuel d’Inkscape 1.4 l’écrit noir sur blanc : par défaut, tous les objets filtrés sont rastérisés à la résolution donnée par --export-dpi, dont la valeur par défaut est 96 dpi, y compris en export PS, EPS ou PDF. Une ombre portée ressort donc en image bitmap à 96 dpi dans un PDF destiné à l’impression, alors que le reste du dessin reste vectoriel.

  1. Élever la résolution de repli :
    inkscape --export-type=pdf --export-dpi=300 --export-filename=affiche.pdf affiche.svg
    

    Les tracés restent vectoriels, l’objet filtré devient une image à 300 dpi.

  2. Supprimer la rastérisation en perdant le filtre :
    inkscape --export-type=pdf --export-ignore-filters --export-filename=affiche-sans-flou.pdf affiche.svg
    

    Tout reste vectoriel, le flou disparaît du fichier exporté.

  3. Mesurer l’effet des fichiers hérités du passage de 90 à 96 dpi :
    inkscape --convert-dpi-method=none ancien.svg
    

    La page de manuel indique que le document se rend alors à 94 % de sa taille d’origine ; scale-viewbox et scale-document corrigent ce décalage.

Dans GIMP, Enregistrer écrit un XCF, et la 3.2 exige Rasterize

Le manuel de GIMP 3 est explicite : la commande Enregistrer écrit l’image au format XCF et tenter un autre format produit une erreur dont la boîte de dialogue propose un lien vers la fenêtre d’export. Un Ctrl+S sur un PNG ouvert ne réécrit donc pas le PNG. Depuis la 3.2, un second réflexe change : les calques non destructifs, texte, Link Layer et Vector Layer, refusent la peinture tant que l’option Rasterize du menu Calque n’a pas été activée, et Revert Rasterize annule les modifications destructrices.

Le profil utilisateur suit la version : la page de manuel de la 3.2 le place dans $XDG_CONFIG_HOME/GIMP/3.2, le manuel de la 3.0 documente ~/.config/GIMP/3.0/. Les greffons installés dans l’un ne sont pas vus par l’autre.

Un .kra s’ouvre dans un terminal, un .xcf seulement dans GIMP

Le manuel de Krita décrit .kra comme une archive renommable en .zip, prévient que les autres applications ne l’ouvrent en général pas, et précise que mergedimage.png, l’image telle qu’elle apparaît sur le canevas, est toujours en RVB avec canal alpha, ou en niveaux de gris pour un document créé ainsi. Le format .krz est la même archive sans mergedimage.png, ce qui casse l’aperçu des logiciels qui lisent cette image.

  1. Extraire l’aperçu aplati sans lancer Krita :
    unzip -p dessin.kra mergedimage.png > apercu.png
    

    L’image obtenue s’ouvre dans GIMP, les calques ne sont pas récupérés.

  2. Passer les calques d’un outil à l’autre par le PSD :
    krita dessin.kra --export --export-filename dessin.psd
    

    Krita 5.3 écrit formes, masques vectoriels, guides et texte dans un PSD, la relecture du texte étant plus complète que son écriture ; GIMP 3.2 lit et écrit le PSD et le PSB.

Convertir un dossier entier en ligne de commande

  1. Inkscape accepte une liste de types séparés par des virgules :
    inkscape --export-type=png --export-dpi=300 --export-filename=vignette.png plan.svg
    inkscape --export-type=png,pdf --export-area-drawing plan.svg
    

    Le second export rogne sur le dessin, --export-id limite l’opération à un objet.

  2. Krita choisit le format selon l’extension de sortie :
    krita dessin.kra --export --export-filename sortie.jpg
    

    Sur un fichier sans animation, la variante pour séquences répond littéralement :

    This file has no animation.
    

    La cause est l’option --export-sequence appliquée à un .kra sans images clés ; le remède est de revenir à --export.

  3. GIMP passe par un binaire console et un script Script-Fu :
    gimp-console -i --batch=- --quit < conversion.scm
    

    La page de manuel documente gimp-console, équivalent à gimp --no-interface, et --batch répétable, qui lit les commandes sur l'entrée standard quand la valeur est un tiret. Le contenu de conversion.scm reste un script Script-Fu, interpréteur par défaut ; un exemple vérifié pour la 3.2.6 n'a pas pu être établi ici.

Questions fréquentes

Un illustrateur envoie un .kra, comment le modifier dans GIMP ?

GIMP n'ouvre pas les .kra. Deux voies : extraire mergedimage.png de l'archive pour obtenir l'image aplatie en RVB, ou demander un export PSD, que Krita 5.3 écrit avec formes, guides et texte et que GIMP 3.2 relit. Le retour se fait par PSD, les calques non destructifs de GIMP 3.2 n'existant pas dans Krita.

Quel outil pour un document destiné à l'imprimeur ?

Krita est le seul des trois à gérer un document CMJN. GIMP 3.2 reste en RVB et affiche le Total Ink Coverage pendant la simulation, sans convertir le fichier. Inkscape exporte un PDF vectoriel en RVB, à condition d'élever --export-dpi pour les objets filtrés.

Que se passe-t-il quand Krita manque de mémoire ?

Krita réserve au démarrage la limite de mémoire fixée dans les préférences, en pourcentage de la RAM ou en octets, et range les états d'annulation dans un fichier d'échange dont la taille est aussi limitée. Le manuel précise que si les deux limites sont atteintes, Krita ne peut plus rien faire et se fige.

Le stylet fonctionne-t-il dans les trois ?

Oui, avec des usages différents : Inkscape s'en sert pour la largeur, l'angle et la force de la plume calligraphique, GIMP 3.2 lit la pression et la rotation du barillet de ses pinceaux MyPaint, et Krita annonce dans son paquet Debian la prise en charge de la plupart des tablettes sans réglage.

Les autres logiciels libres du même genre sont classés dans logiciels, et la méthode de choix générale dans choisir un logiciel. Pour savoir ce qu'un fichier contient avant de choisir l'outil, une commande suffit :

unzip -l dessin.kra