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Importer des notes Evernote dans Joplin

plusieurs fenetres abstraites en aplats geometriques qui se recouvrent, vue de face

Un carnet Evernote s’exporte en un fichier ENEX, et Joplin relit ce fichier pour recréer les notes en Markdown, pièces jointes comprises. Le transfert se joue en deux temps, l’export depuis l’application de bureau Evernote, puis l’import depuis le menu Fichier de Joplin. Les libellés de menu et les limites cités ici sont ceux de Joplin 3.7.18, version publiée le 11 septembre 2026, dont les paquets .deb et AppImage s’installent sur Debian et Ubuntu.

Sommaire
  1. Étape 1 : exporter le carnet Evernote en fichier ENEX depuis l’application de bureau
  2. Étape 2 : compter les notes et les pièces jointes du fichier ENEX
  3. Étape 3 : lancer l’import depuis Fichier > Importer
  4. Étape 4 : vérifier les pièces jointes dans les notes importées
  5. Le plafond de Joplin Cloud Basic bloque à 10 Mo par pièce jointe, sans erreur à l’import
  6. La conversion en Markdown abandonne les couleurs et l’OCR d’Evernote
  7. Un import ENEX se termine sans erreur même quand les liens internes ne suivent pas
  8. Sources

Joplin, référencé dans la rubrique logiciels, conserve les ressources attachées aux notes, que sa documentation appelle resources et qui deviennent des pièces jointes dans chaque note. Le fichier ENEX transporte aussi les tags, les dates de création et de modification, et des métadonnées comme l’auteur ou la position géographique d’une note. Aucune donnée ne quitte la machine pendant ces deux temps.

Étape 1 : exporter le carnet Evernote en fichier ENEX depuis l’application de bureau

L’export Evernote ne fonctionne que depuis l’application de bureau, jamais depuis la version web, comme le précise l’article d’aide d’Evernote mis à jour le 12 mars 2025. Un clic droit sur le carnet ou sur une sélection de notes ouvre Exporter…, qui propose le format ENEX et des cases à cocher pour les attributs joints aux notes, dont les tags, la date de création et l’auteur. Le fichier est enregistré sur le Bureau de la session. Les deux systèmes décrits par l’article, macOS et Windows, suivent la même suite de gestes.

La limite de 100 notes annoncée par Evernote ne concerne que les notes sélectionnées une par une ; l’article autorise l’export d’un carnet entier sans ce plafond. Le curseur de la boîte d’export plafonne chaque fichier ENEX entre 300 Mo et 2 Go. Un compte gratuit exporte son contenu sans abonnement, ce que l’article écrit noir sur blanc.

À l’écran, un fichier portant le nom du carnet et l’extension .enex apparaît sur le Bureau, avec sa taille affichée par le gestionnaire de fichiers.

Étape 2 : compter les notes et les pièces jointes du fichier ENEX

Un fichier ENEX est un document XML dont l’en-tête déclare l’application qui l’a produit, et dont chaque note s’ouvre par une balise <note>, comme le montrent les fichiers d’exemple du dépôt Joplin. Chaque pièce jointe occupe une balise <resource>, ses données suivant en base64 dans un bloc <data encoding=”base64″>. Deux commandes comptent les unes et les autres avant l’import, ce qui fournit un point de comparaison pour la vérification finale.

Les compteurs ci-dessous s’exécutent dans le dossier qui contient le fichier. Les valeurs s’affichent l’une après l’autre, sans autre mise en forme.

du -h carnet.enex
head -n 2 carnet.enex
grep -o '<note>' carnet.enex | wc -l
grep -o '<resource>' carnet.enex | wc -l

Les deux premières lignes montrent le DOCTYPE du fichier, qui renvoie vers evernote-export2.dtd ou evernote-export3.dtd selon la version d’Evernote utilisée à l’export. Les manipulations de fichiers et de répertoires couvrent ensuite le déplacement ou la copie du fichier si besoin.

À l’écran, deux nombres s’affichent, celui des notes et celui des pièces jointes, juste avant la ligne qui nomme le DOCTYPE.

Étape 3 : lancer l’import depuis Fichier > Importer

Le sous-menu Importer du menu Fichier propose quatre entrées ENEX, deux pour un fichier et deux pour un dossier, déclinées en Markdown et en HTML. Le code d’import du dépôt Joplin les nomme « ENEX – Evernote Export File (as Markdown) », « ENEX – Evernote Export File (as HTML) », « ENEX – Evernote Export Files (Directory, as Markdown) » et « ENEX – Evernote Export Files (Directory, as HTML) ». La variante Markdown porte le marqueur de module par défaut.

Un carnet portant le nom du fichier importé apparaît après l’opération, ou un carnet par fichier lorsqu’on choisit une entrée Directory. Le mode ligne de commande de l’application terminal de Joplin accepte la même opération.

import /home/utilisateur/Bureau/carnet.enex

Cette exécution en terminal affiche une progression que l’application de bureau n’expose pas, avec les compteurs Found, Created, Resources et Tagged, puis la ligne « The notes have been imported » qui clôt le traitement. Les modules ENEX ne sont pas disponibles sur les applications mobiles, restriction inscrite dans le code du dépôt.

À l’écran, le carnet importé s’ajoute à la liste de gauche, et la ligne de commande termine sur le nombre de notes et de pièces jointes créées.

Étape 4 : vérifier les pièces jointes dans les notes importées

Joplin affiche les pièces jointes importées à l’intérieur de la note : une image apparaît dans le corps du texte, un PDF s’ouvre au double-clic dans la visionneuse interne. Le menu Outils propose « Note attachments… », qui liste les pièces jointes de tout le profil et sert de contrôle global. Le nombre de ressources créées, affiché par la ligne de commande à la fin de l’import, se compare au comptage de l’étape 2.

Un écart entre les deux mesures mérite une recherche dans le carnet, notamment pour les notes qui contenaient plusieurs images. La conversion en Markdown ne touche pas aux fichiers joints, quel que soit leur format d’origine.

À l’écran, l’image apparaît dans la note ouverte et le PDF s’ouvre au double-clic.

Le plafond de Joplin Cloud Basic bloque à 10 Mo par pièce jointe, sans erreur à l’import

Joplin Cloud plafonne chaque note ou pièce jointe synchronisée à 10 Mo sur l’offre Basic et à 200 Mo sur les offres Pro, des valeurs que fixe la page des offres de Joplin. Une pièce jointe Evernote de 15 Mo s’importe donc sans erreur et reste sur le disque, sans monter sur les autres appareils. L’auto-hébergement, à travers Joplin Server, n’annonce aucun plafond de taille sur cette même page.

Plafond appliqué Valeur Document qui le fixe
Note ou pièce jointe synchronisée en Joplin Cloud Basic 10 Mo Page des offres Joplin
Note ou pièce jointe synchronisée en Joplin Cloud Pro 200 Mo Page des offres Joplin
Note ou pièce jointe synchronisée sur Joplin Server auto-hébergé aucun plafond annoncé Page des offres Joplin
Fichier ENEX produit par Evernote entre 300 Mo et 2 Go Article d’aide Evernote
Notes couvertes par un export de sélection dans Evernote 100 Article d’aide Evernote

Un second incident, distinct du plafond, touche les imports massifs : après l’import de nombreux fichiers ENEX exportés du même client Evernote, la synchronisation rejette des éléments avec ce message.

[item name] cannot be uploaded. This item is already present and cannot be added again

Le ticket correspondant, ouvert le 23 octobre 2025 dans le dépôt Joplin sous le numéro 13528, porte le label backlog et constate le problème sur la version 3.5.5 ; aucune correction n’y est annoncée. La documentation Joplin prévient par ailleurs que la première synchronisation qui suit un import Evernote peut être très longue, sans promettre de remède au passage. Une pièce jointe de plus de 10 Mo peut aussi ne jamais rejoindre un serveur Joplin Cloud Basic qui n’a pas encore de dossier adapté. Rien de tout cela ne bloque l’usage local, où les notes restent consultables.

La conversion en Markdown abandonne les couleurs et l’OCR d’Evernote

Les notes Evernote arrivent en HTML et Joplin les convertit en Markdown ; la documentation officielle annonce une conversion sans perte pour le texte simple, les listes, les liens et les tableaux, mais pas pour les couleurs, les tailles de police et les polices de caractères. La reconnaissance de texte intégrée à Evernote disparaît également, sauf si l’OCR de Joplin est activé, qui en recrée une compatible avec sa propre recherche.

Les liens entre notes posent un autre problème : le format ENEX ne contient pas l’identifiant de la note cible, et Joplin reconstitue donc le lien d’après le titre, ce qui échoue lorsque deux notes portent le même titre ou qu’un libellé diffère du titre visé. La note de version 3.7.12 du 18 août 2026 améliore la prise en charge des liens entre carnets dans certains cas seulement. Une note dont le lien n’a pas pu être reconstitué garde l’adresse Evernote d’origine.

L’import en HTML existe pour ceux qui doivent conserver la mise en forme, et convertir le fichier ENEX avec un outil externe avant de l’importer n’apporte rien ici, puisque Joplin effectue cette conversion lui-même. La note de version 3.6.6 du 17 mars 2026 corrige un défaut des versions antérieures, qui coupaient en deux paragraphes les listes à puces contenant un saut de ligne.

Un import ENEX se termine sans erreur même quand les liens internes ne suivent pas

Faut-il payer pour synchroniser un carnet Evernote importé ?

Non pour l’usage local, puisque Joplin stocke les notes et leurs pièces jointes sur le disque. La synchronisation entre appareils passe par Joplin Cloud à 2,99 € par mois sur l’offre Basic, plafonnée à 10 Mo par note ou pièce jointe, ou par l’auto-hébergement, dont la page des offres n’annonce aucun plafond de taille.

Faut-il importer en Markdown ou en HTML ?

Le Markdown est la variante marquée par défaut dans le module d’import de Joplin, à choisir lorsque le contenu compte plus que la présentation. L’import en HTML garde les couleurs, les tailles et les polices, au prix de notes qui restent écrites en HTML. Le texte est importé en entier dans les deux cas.

Peut-on importer tous ses carnets en une seule opération ?

Oui, l’entrée « ENEX – Evernote Export Files (Directory, as Markdown) » lit un dossier entier et crée un carnet par fichier, ce qui évite d’ouvrir le menu une fois par carnet. En mode ligne de commande, la commande import suivie du chemin du dossier produit le même résultat. Sur mobile, le module n’existe pas.

Pourquoi un lien vers une autre note ne fonctionne-t-il plus après l’import ?

Le fichier ENEX ne contient pas l’identifiant de la note cible, et Joplin reconstitue le lien d’après le titre, comme l’explique la documentation officielle. Deux notes qui portent le même titre, ou un libellé de lien différent du titre visé, font échouer cette reconstitution, et l’adresse Evernote d’origine reste alors en place dans la note.

Un carnet de plusieurs milliers de notes s’exporte-t-il en un seul fichier ?

L’export d’un carnet entier n’est pas soumis à la limite de 100 notes, qui ne concerne que les notes sélectionnées à la main. La taille de chaque fichier ENEX se règle entre 300 Mo et 2 Go dans la boîte d’export d’Evernote, ce qui laisse la marge nécessaire à un carnet volumineux.

Sources