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Syncthing : synchroniser des fichiers entre deux appareils

Commutateur réseau relié par deux câbles dans une baie technique
Commutateur réseau relié à deux appareils dans une baie technique.

Syncthing convient si vous voulez garder un dossier identique sur deux appareils sans le confier à un espace cloud. Installez-le sur les deux machines, échangez leurs identifiants, partagez un dossier de test et vérifiez un fichier. La synchronisation standard ne remplace pas une sauvegarde versionnée : pour des données importantes, ajoutez une copie indépendante.

Sommaire
  1. Préparer deux appareils et un dossier de test
  2. Ajouter les appareils dans les deux sens
  3. Partager le dossier et vérifier le premier fichier
  4. Choisir le mode du dossier avant vos données importantes
  5. Si les appareils ne se voient pas
  6. Mesurer le dossier avant de lancer une synchronisation
  7. Quand choisir Syncthing

Préparer deux appareils et un dossier de test

Syncthing fonctionne entre des appareils qui se connectent directement, éventuellement avec l’aide d’un relais quand une connexion directe est impossible. Il ne vous loue pas d’espace de stockage : les disques, les appareils et la connexion réseau restent les vôtres. C’est intéressant pour un ordinateur portable et un poste fixe, deux machines Linux, ou un ordinateur et un serveur que vous administrez.

Téléchargez la version adaptée à chaque système depuis la page officielle des téléchargements Syncthing. Contrôlez l’architecture proposée avant de lancer l’archive : Intel/AMD 64 bits est le choix courant sur un PC récent, tandis qu’un NAS ou un appareil ARM demande un autre paquet.

Sur Linux ou macOS, décompressez l’archive dans le dossier où vous l’avez téléchargée, entrez dans le dossier créé, puis lancez le binaire local. Cet exemple correspond à une archive tar.gz pour Linux 64 bits ; adaptez le nom à l’architecture et au système choisis :

tar -xzf syncthing-linux-amd64-v<version>.tar.gz
cd syncthing-linux-amd64-v<version>
./syncthing

Remplacez <version> par la version du fichier téléchargé. Le préfixe ./ lance le programme depuis le dossier extrait ; aucune installation système n’est nécessaire pour ce premier essai.

Sous Windows, extrayez le ZIP dans un dossier, puis ouvrez PowerShell dans ce dossier ou placez-vous-y ainsi :

Set-Location "$HOME\Downloads\syncthing-windows-amd64-v<version>"
.\syncthing.exe

Adaptez amd64, la version et le chemin au dossier réellement extrait. Dans les deux cas, le lancement depuis le dossier téléchargé met l’exécutable à disposition sans supposer qu’une commande globale syncthing existe déjà.

Le premier démarrage crée la configuration et ouvre l’interface d’administration locale. La documentation de démarrage indique l’adresse http://localhost:8384/. Gardez cette interface sur la machine concernée : elle n’a pas besoin d’être exposée à Internet pour un usage habituel.

Commencez avec un dossier qui ne contient aucune donnée irremplaçable. Sous Linux ou macOS :

mkdir -p "$HOME/Sync-test"
printf 'CyberSDF sync check\n' > "$HOME/Sync-test/bonjour.txt"
printf 'version=1\n' > "$HOME/Sync-test/etat.txt"

Le dossier sera votre témoin. Il permet de vérifier le premier transfert, une modification et une suppression sans mettre une photothèque ou un dossier de travail en jeu. Sous Windows, créez Sync-test dans l’Explorateur, avec deux fichiers texte courts ; le principe est le même.

Ajouter les appareils dans les deux sens

Dans l’interface de chaque machine, ouvrez la fiche de l’appareil et relevez son Device ID. Sur le premier appareil, choisissez l’ajout d’un appareil distant, saisissez l’identifiant du second, donnez-lui un nom reconnaissable, puis enregistrez. Faites la même chose sur le second appareil avec l’identifiant du premier.

L’identifiant n’est pas un mot de passe. La FAQ officielle de Syncthing le décrit comme une identité publique liée aux clés de l’appareil. Il faut toutefois que les deux côtés connaissent l’identifiant de l’autre : le copier sur une seule machine ne crée pas de connexion.

Après l’enregistrement, les deux appareils peuvent apparaître déconnectés pendant un court moment. Vérifiez le nom affiché et l’identifiant avant d’accepter une demande, surtout si plusieurs machines sont présentes sur le même réseau. Un appareil mal identifié peut recevoir un dossier qui ne lui était pas destiné.

Partager le dossier et vérifier le premier fichier

Sur l’appareil qui contient Sync-test, ouvrez les réglages du dossier et partagez-le avec l’appareil distant. Conservez un libellé simple, puis enregistrez. Une demande apparaît sur l’autre machine : acceptez-la et choisissez le dossier local dans lequel les fichiers doivent être écrits.

Quand le dossier est présent des deux côtés, faites un premier contrôle :

  1. ouvrez bonjour.txt sur la seconde machine ;
  2. ajoutez une ligne à la fin du fichier sur la première ;
  3. attendez que l’état du dossier redevienne Up to Date sur les deux interfaces ;
  4. ouvrez le fichier distant et vérifiez la nouvelle ligne ;
  5. créez ensuite essai.txt, puis supprimez-le depuis un seul appareil de test.

Le premier contrôle prouve que le partage et la réception fonctionnent. La modification vérifie que le changement est propagé. La suppression est volontaire : elle montre que la synchronisation suit aussi les suppressions, sauf réglage ou historique prévu pour les traiter autrement. Ne passez pas à vos fichiers importants avant d’avoir compris ce comportement.

La configuration officielle distingue le chemin local, qui n’est pas envoyé à l’autre appareil, des informations de partage. Deux machines peuvent donc utiliser des répertoires différents tout en synchronisant le même dossier logique.

Choisir le mode du dossier avant vos données importantes

Le mode standard est Send & Receive. Chaque appareil envoie ses changements et accepte ceux de l’autre. C’est le bon point de départ pour un dossier de travail que vous modifiez alternativement sur deux machines.

Send Only sert à conserver une copie de référence sur un appareil. Les changements reçus ne sont pas appliqués localement ; ils peuvent toutefois laisser le dossier signalé comme désynchronisé jusqu’à l’action d’override décrite par la documentation des types de dossiers. Utilisez ce mode pour une source qui ne doit pas être modifiée depuis la copie distante.

Receive Only suit les changements du groupe, mais ne renvoie pas les modifications locales. Syncthing le présente comme adapté à une destination de réception ou à un miroir qui n’a pas vocation à être modifié sur place. Une modification locale peut créer un état désynchronisé qu’il faudra comprendre avant de choisir Revert Local Changes.

Une suppression synchronisée peut toucher plusieurs copies. Pour comparer les méthodes de restauration, utilisez le comparatif des logiciels de sauvegarde ; pour distinguer espace de fichiers et retour arrière, lisez la sauvegarde cloud et ses limites.

Si les appareils ne se voient pas

Commencez par vérifier que Syncthing fonctionne sur les deux machines et que les Device IDs sont réciproques. Si elles sont sur le même réseau, la découverte locale peut suffire. Un Wi-Fi invité, un VLAN ou un pare-feu qui bloque les diffusions peut cependant empêcher cette découverte.

La documentation officielle du pare-feu Syncthing indique les ports suivants pour une installation classique :

Ouvrez seulement les ports nécessaires sur les appareils concernés. Le port de l’interface web 8384 n’a pas besoin d’être rendu public. Pour administrer un serveur à distance sans exposer cette interface, utilisez un tunnel SSH :

ssh -L 9999:localhost:8384 utilisateur@serveur

Ouvrez ensuite http://localhost:9999/ sur votre ordinateur. Le navigateur passe par le tunnel, tandis que Syncthing peut rester lié à 127.0.0.1:8384 sur le serveur. Si une connexion directe reste impossible, un relais peut permettre l’échange, mais la documentation du pare-feu rappelle qu’il sera généralement moins performant qu’une connexion directe.

Mesurer le dossier avant de lancer une synchronisation

Un contrôle local aide à séparer deux questions : les fichiers de départ sont-ils bien ceux que vous voulez partager, et sont-ils ensuite présents à l’identique sur l’autre appareil ? Pour le premier contrôle, exécutez :

wc -c "$HOME/Sync-test/bonjour.txt" "$HOME/Sync-test/etat.txt"
sha256sum "$HOME/Sync-test/bonjour.txt" "$HOME/Sync-test/etat.txt"

Avec ces deux fichiers, la mesure relevée le 17 septembre 2026 donne :

bonjour.txt : 20 octets
etat.txt : 10 octets
total : 30 octets
SHA-256 bonjour.txt : c816209b64b6d11fcf90ed59d277a659c139635b0d91569d59a8447cbc0986e0
SHA-256 etat.txt : 2815beccc71f868badea754664ff3c46f4fb78c1e0ac396e73a965d0f56054a1

Le nombre important ici est 30 octets : il décrit le jeu de départ, pas la vitesse du réseau ni le temps de synchronisation. Après réception, lancez sha256sum sur les fichiers de la seconde machine et comparez les empreintes. Une empreinte différente signale un contenu différent, même si le nom du fichier est le même.

Pour vous familiariser avec les chemins, les espaces dans les noms et les contrôles de fichiers, les commandes Linux de base fournissent un atelier séparé. Pour replacer ce choix dans les critères de formats, de maintenance et de sortie, consultez la grille pour choisir un logiciel.

Quand choisir Syncthing

Choisissez Syncthing si votre besoin est de garder des dossiers disponibles sur plusieurs appareils que vous contrôlez. Le logiciel convient à un répertoire de travail, à une copie de documents entre un portable et un poste fixe, ou à un échange régulier avec une machine distante. Il demande de comprendre les appareils autorisés, les dossiers partagés et les suppressions propagées.

Syncthing est un bon choix pour synchroniser des dossiers entre des appareils que vous administrez.